une socialiste française a un projet avec le portugal votre avis

Posté par goalexandre le 25 octobre 2008

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Chantal SAINT-JEAN  Enseignante de Lettres-Histoire 

Coordonnatrice du projet  

Conçu pour La 

Classe de Terminale CAP – Coiffure B  [CAP : Certificat d’Aptitude Professionnelle préparé en deux ans] 

@  Les enseignants  ? 

Annick SIMMONEAU – Coiffure  Françoise Creneau – Coiffure 

Zvonimir NOVAK – Arts Appliqués  Chantal SAINT-JEAN – Lettres-Histoire 


 

A La Découverte d’un autre pays de l’Union,  le Portugal  Aux origines de ce projet, un constat : l’Europe des peuples est pour l’instant un vœu pieux. Pour la construire, il faut des actions de toutes sortes et quoi de mieux que le cadre scolaire pour lui donner sens. Pardonnez la présomption de ces phrases liminaires, mais poursuivons. Ce projet résulte aussi, d’un immense désarroi, car il apparaît que par la complexité de ses structures, de ses règles, l’Union Européenne devient de plus en plus insaisissable pour les citoyens – moyens que nous sommes.

Ce rapprochement avec le Portugal a été conçu pour une classe de Terminale CAP. Il s’agit de donner à ces élèves, l’occasion de prendre conscience de toutes les opportunités que l’Europe leur offre. En outre, par leur parcours, ils ont peu de chance de « rencontrer » l’Europe. En effet, des cadres sont proposés à ceux qui poursuivent des études, mais quasiment aucun – et c’est pour nous un paradoxe – n’est prévu pour nos élèves de l’enseignement professionnel public. Ils sont privés d’Europe en quelque sorte. Et par conséquent, pour eux, l’Union est quasiment une chimère. Or elle est là, bien là… S’ils jouissent de la paix c’est à elle, qu’ils la doivent.

Avec ce projet, ces élèves de l’enseignement professionnel iront à la rencontre d’un autre peuple. Ils confronteront leurs histoires personnelles et leurs cursus de formation.

Pour ce faire, les élèves s’intéresseront d’abord à la communauté portugaise de France, entreront en contact avec une école de coiffure du Portugal, puis effectueront un voyage d’une huitaine de jours au Portugal, à Setubal, ville située au sud de Lisbonne. 

Nous nous inscrivons dans le cadre d’un projet de coopération décentralisée initié par le Conseil Général.   

Objectifs généraux 

Ø      Faire naître le désir d’Europe, le sentiment d’appartenance à une communauté de destins : « créer un espace mental européen ».    

Ø      S’ouvrir à l’Union Européenne pour investir ses cadres géographiques, politiques et culturelles.  Ø      Appréhender son métier dans les sphères nationale et européenne. 


 

Articulation du Projet avec les Programmes 

v              Avec l’enseignement du Français 

Sachez d’abord que le programme de Français présente quatre finalités qui sont les suivantes : « Se construire », « S’insérer dans le groupe », « S’insérer dans l’univers professionnel », « S’insérer dans la Cité ».   A partir de ces éléments de programmes, nous avons décidé de travailler autour des axes suivants : 

Ø      Individualisme et altérité : se construire.  Ø      Rituels d’intégration, rites de passage et tradition : s’insérer dans le groupe. 

Puiser dans les expériences des autres pour se construire : Rencontre avec la communauté portugaise de France…

Beaucoup de nos élèves sont d’origine étrangère et l’immigration portugaise nous semble présenter de nombreux points communs avec leur histoire.  

En effet, l’immigration portugaise en France, se conjugue avec les migrations douloureuses, les migrations forcées qu’elles soient politiques ou économiques.

Il s’agira d’entendre cette communauté pour découvrir en quoi son histoire fait écho aux trajectoires familiales, individuelles des élèves. Voici quelques thèmes qui pourraient être vus :

ü      Le déracinement.

ü      La confrontation avec les clichés attachés à cette communauté : la bonne portugaise, l’accent portugais, la morue, la pilosité abondante…

ü      Le maintien des liens avec le pays d’origine par les traditions, la langue, les récits familiaux, les voyages, les habitudes alimentaires, culinaires…

On pourra aussi la questionner sur son intégration dans la communauté nationale française.

ü      Entre rejet et/ou acceptation ?

ü      Comment les Portugais ont-ils surmonté les ressentiments qu’ils ont pu avoir afin de s’insérer dans la communauté nationale ?

ü      Comment sont-ils allés vers la culture française ?

ü      Comment peut-on être Français, accepter les valeurs du pays d’accueil sans pour autant trahir ses origines ? Intégration mais pas forcément assimilation ?

ü      Subsiste-t-il une impression de vivre dans une sorte d’entre-deux ?

ü      Au final, les différences étaient-elles si grandes ?

Finalisation  

  • Transposition écrite des entretiens accompagnés des commentaires des élèves 
  • Reportages audiovisuels sous réserve de l’accord des participants 

Ø      Récits de voyage et perception de l’autre – la question de l’altérité 

Sur les traces des écrivains voyageurs ; dans les pas de Flaubert. Ecrire à la manière de…

Après une étude de son Voyage en Italie, écrire un « Voyage au Portugal » – « Voyage en [terre de] Portugal ».

Finalisation  

  • Composition d’un recueil des textes d’élèves

v              Avec l’enseignement de l’Histoire et de la Géographie 

Ø      Du local au mondial : les territoires contemporains. 

Cette question est d’abord définie comme suit par les programmes : « Au cœur de ce thème se trouve la notion de territoire, c’est-à-dire d’espace approprié. Le territoire est construit par les acteurs qui le découpent, le défendent, le gèrent, l’aménagent ; il contribue en retour à construire une identité fondée sur un sentiment d’appartenance. Il a une dimension administrative et sociale, mais aussi culturelle et même affective.  L’enjeu du thème est la réflexion sur la pluralité des appartenances territoriales dans le monde contemporain. L’identité se construit à différents niveaux : la France, mais aussi la région, l’Europe, le monde. ». 

Cette question doit être abordée selon deux axes : 

ü      Les espaces du quotidien et leur intégration à différentes échelles  

De Bobigny à Setubal.    

L’appropriation des espaces, pourrait se faire par la préparation de l’itinéraire de ce voyage en Europe. Les élèves percevront donc l’emboîtement de ces espaces.

ü      Un exemple de métropole mondiale 

Il s’agit de prendre conscience de la métropolisation du monde. On montre aux élèves comment les grandes métropoles structurent les territoires grâce à leurs fonctions stratégiques, dites aussi de commandement (économique, politique, financière, culturelle, mais aussi intellectuelle – recherche par exemple…). 

On indique le rôle des transports et des communications dans cette métropolisation du monde.  On retiendrait donc deux cas : 

1. Paris, métropole mondiale : En quoi Paris structure-t-elle l’espace ?   

2. Lisbonne : Lisbonne est-elle une métropole mondiale ? 

Ø      Culture mondiale et pluralité des cultures contemporaines 

Derrière des facteurs d’uniformisation du monde, on note un phénomène contraire qui est la pluralité, la diversité culturelle.

Nous inviterons les élèves à réfléchir aux questions suivantes :

ü      L’exemple du Portugal permet d’entrer dans une aire culturelle et linguistique : En quoi l’espace lusophone né au Nord s’épanouit-il dans le Sud ?

ü      Le Brésil : une aire culturelle du Sud. En quoi le Brésil rend-il compte de la pluralité des cultures contemporaines ?

Ø      La démocratie contemporaine en France et en Europe 

Ce sera l’occasion d’observer les pratiques de la démocratie au Portugal

v              Avec l’enseignement des langues étrangères 

Pour que l’Europe prenne corps, il faut que les peuples qui la forment communiquent entre eux. Or l’outil essentiel de cette communication, c’est la langue dont c’est la fonction première. Et une des manières d’aller vers l’autre, c’est de comprendre sa langue.

C’est la raison pour laquelle nous émettons le vœu que, élèves et accompagnateurs se fixent comme but, l’acquisition des rudiments de la langue portugaise. [L’autre intérêt pédagogique, c’est de placer accompagnateurs et élèves dans une situation commune d’apprentissage.] . C’est sans doute une gageure. Mais deux des élèves de cette classe, d’origine portugaise elles-mêmes, ont trouvé cette idée intéressante.

Nous souhaitons donc valoriser l’apprentissage des langues étrangères dans le cadre scolaire et en l’occurrence de l’anglais, enseigné dans l’établissement.

Cependant, nous devons faire en sorte que l’anglais ne soit pas la seule langue d’ouverture en Europe, car il faut préserver la spécificité de l’Europe avec sa diversité linguistique.

Et puis, mettre l’accent sur la maîtrise d’une langue autre que le français, serait un moyen de valorisation de beaucoup de ces élèves qui sont dans cet entre-deux culturel dont nous parlions précédemment. En effet, nombre d’entre eux sont bilingues et n’imaginent pas un seul instant que cela puisse être atout sur un CV. 

[A défaut de maîtriser une langue étrangère, il faudrait sans doute un jour, que l’on apprenne tous, le langage des signes !]

v              Avec l’enseignement professionnel : la spécialité COIFFURE 

Il s’agira d’une part, de parfaire l’acquisition des connaissances et savoir-faire exigés pour l’obtention du CAP ; par conséquent de mettre tout en œuvre afin que les élèves atteignent le niveau de compétences exigé pour l’obtention de ce diplôme. D’autre part, nous souhaitons travailler sur la motivation des élèves en les impliquant dans  leur formation : que nos élèves ne soient plus les récepteurs passifs de notre enseignement mais aussi des acteurs de leur parcours de formation.

Nous distinguerons alors deux temps dans ce projet de découverte et de rencontre d’un autre peuple. 

?A Bobigny 

Ø      Des prestations destinées à financer une partie du projet devront permettre l’acquisition des compétences suivantes

ü      Constitution, organisation et participation à la gestion d’un cahier de rendez-vous.

ü      Gestion de l’espace : convertir les locaux destinés à l’apprentissage en salons.

ü      Accueil : conseils personnalisés, identification des souhaits du client.

ü      Constitution d’un « fichier clients » et participation à son exploitation. Ce sera l’occasion de travailler avec des acteurs locaux et de faire connaître le Lycée. Nous prendrons contact avec le personnel du Conseil Général de la Seine Saint Denis, et celui de la municipalité de Bobigny afin de leur proposer nos prestations. Vous constatez que les conséquences ne pourraient être que positives pour le lycée puisqu’il s’ouvrira sur son espace géographique.

ü      Communication visuelle et publicitaire : composition d’images publicitaires en relation avec les Arts Appliqués.

Signalons que cette partie du projet a été préparée avec les élèves. Ayant adhéré à cette idée de rencontre, ils ont décidé d’une participation individuelle de 50 euros et ont eu l’initiative d’organiser des prestations pour financer le projet.  

Ø      Un projet dont l’ambition est la réussite aux épreuves de l’examen. 

Nous souhaitons que ces heures de prestations soient conçues comme une approche des épreuves de l’examen. 

Il s’agit d’imposer de la rigueur aux élèves, de les obliger à s’imprégner des critères d’évaluation pour la certification. Nous envisageons en outre, d’effectuer avec eux régulièrement des bilans de compétences.

Les bénéfices pour les élèves seront les suivants :

o      Etre capable de juger de la conformité d’un modèle en tenant compte des exigences de l’examen

o      Etre en capacité d’autoévaluation

Ø     Concevoir des visuels du travail des élèves

ü      Documentaires : photographies légendées ou petites vidéos.

Ces exercices permettront aux élèves de prendre de la distance avec les enseignements pour analyser les différentes techniques utilisées.

En outre, ces visuels seront la matière de nos échanges avec l’école du Portugal. L’idéal serait la tenue d’un blog par la classe. 

? A Lisbonne 

Ø      Découvrir, approcher la réalité du monde de la coiffure dans un autre espace. 

Il serait très intéressant de placer les jeunes en immersion, pendant deux jours, dans des Salons sur place. Ce serait l’occasion pour eux de mesurer leur capacité à communiquer en portugais et ils pourraient aussi confronter leurs savoirs et savoir-faire.

En effet, en tant que ressortissant européen, l’élève doit envisager son métier et son exercice non plus seulement dans le cadre national français mais aussi dans un horizon plus large qui est celui de l’Europe.  

Ø      Sans être trop formel, profiter de cette immersion pour connaître le monde professionnel de la coiffure au Portugal. 

Voici quelques questions auxquelles on pourrait chercher des réponses :   

ü      Les Portugais fréquentent-ils plus ou moins les salons de coiffure que les Français ? Y a-t-il une densité comparable de salons en France et au Portugal ?

ü      Que sait-on de la coiffure à domicile ? Est-ce une pratique très répandue ?

ü      Quelle est l’atmosphère d’un salon de coiffure, la qualité de la prise en charge des clients ?

ü      Quelles prestations sont les plus courantes ? Quels tarifs sont pratiqués ?

ü      Quelles sont les grilles de salaire de référence ?

ü      Le mondial de la coiffure à Paris : y aurait-il un événement comparable, et aussi prestigieux à Lisbonne ?

ü      Quelles sont les retombées commerciales et publicitaires de la coiffure ? Y a-t-il une presse professionnelle aussi importante qu’en France ? Y a-t-il un organisme qui serait l’équivalent de la Fédération Nationale de la Coiffure Française ?

Ø      S’interroger sur la correspondance entre les épreuves et les unités acquises en France et au Portugal

ü      Observer comment s’opère l’articulation entre l’enseignement reçu dans les établissements scolaires et les périodes de formation en entreprise de ces deux pays.

ü      Quels types de formation sont proposés ? Quel type de parcours reçoit-on pour devenir un professionnel de la coiffure au Portugal ?

ü      Y a-t-il plus ou moins de pratique qu’en France ?

ü      Y a-t-il équivalence entre les diplômes ?

ü      Y a-t-il comme dans le système français, la volonté d’accompagner l’enseignement professionnel d’un enseignement général.

Ces questionnaires ont été élaborés en cours avec les élèves.

v              Avec l’enseignement des Arts Plastiques et Arts Appliqués 

Ø      Pour nos échanges avec les Portugais nous souhaitons constituer une sorte d’état de la coiffure en Ile-de-France. 

Nous voulons, en autres : 

ü     Profiter de la proximité de Paris, pour leur montrer comment dans certains quartiers, la coiffure a approprié l’espace en y imprimant ses marques, et en lui conférant une identité particulière. Visite de certaines rues du Marais ou de Montmartre. 

ü     Dégager les tendances de la coiffure à Paris : montrer qu’elle se nourrit de diverses sources. Paris ville-monde, mais aussi Bobigny ville-monde. Notre établissement est une sorte de microcosme de ces villes : André Sabatier, Lycée-monde. Signalons, par ailleurs que nos élèves achèvent en ce moment un travail sur les coiffures du monde. Les élèves devront observer et se demander si les villes de Lisbonne et de Setubal, sont traversées par les mêmes phénomènes.  ü     Les intéresser au mobilier des salons de coiffure à Paris : Tenter de déterminer comment s’opère l’articulation entre la tradition et la modernité ? 

ü     Observer les effets de la mondialisation : est-elle facteur d’uniformisation, de diversification, ou d’hybridation dans la coiffure ?  ü     Les amener à réfléchir au rôle que joue la coiffure dans une société où l’image, l’apparence prime. 

Ø      Communication visuelle et publicitaire ü      Réalisation de supports de communication visuelle et publicitaire pour les prestations prévues. 

ü      Analyse et justification de ses choix 

Durée et dates prévues pour le voyage a Setubal-Lisbonne 

Nous voudrions l’effectuer au début du mois d’avril 2009 et nous souhaitons qu’il n’excède pas une huitaine de jours : du 2 au 9 avril.

Conclusion 

voilà. Avec ce projet, notre ambition c’est de rapprocher les élèves de l’Union Européenne, afin qu’ils se l’approprient et l’investissent de leurs rêves. Et puis nous aimerions que par cette expérience, les élèves deviennent de vrais acteurs de l’Europe, qu’ils ne la subissent pas et enfin qu’ils n’aillent pas grossir, à l’avenir, les rangs des trop nombreux abstentionnistes que l’on recense à chaque élection européenne. En effet, si nous formons des élèves à une profession, nous n’oublions pas que nous formons aussi des citoyens.

Notre situation géopolitique nous oblige à envisager la formation de nos élèves dans un espace national ouvert, et nécessairement tourné vers l’Union voire le monde. A nous, donc de donner aux élèves les moyens de s’y inscrire, et de commencer à envisager leur rapport à tous ces espaces.     

Remarque : 

le projet est prévu pour une classe de vingt élèves. Actuellement notre effectif est de dix-huit élèves. 

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